& voilà, stylo plume noir à la main, comme promis, j'écris à moi-même, tout & rien, mais j'écris, pour tout le monde & personne, pour François comme pour une fourmis, j'écris. Peut importe qui me lira, si l'on me lira, j'en avais besoin, quelque chose qui me pris à la gorge lorsque l'on me retira le seul lien que j'avais avec mon ancienne amie, ma meilleure ennemie. Cette gameboy verte, une antiquité comme se moque parfois des gens, une friandise nostalgique qui fait sourire, qui fait se souvenir des bons moments, des moments d'adrénaline lorsque, gamins, on se réveillait au milieu de la nuit, allumant la petite lumière pour retrouver ces histoires fantastiques racontés en pixel. On guettait les bruits de la maison, les pas de nos parents, & l'on éteignait la lumière tout en sentant nos coeurs battre fortement dans nos poitrines enfantines. J'en étais toujours à cette étape là, & ça me rendait plus ou moins heureuse, car cet ultime cadeau était une sorte de chaîne. Inconsciemment lorsque j'y jouais je l'imaginais elle et son teint doré, ses longs cheveux que je voudrais tant avoir, son corps fin alors qu'elle fait tout pour l'épaissir, & je souris en me remémorant nos bons moments passés, nos nuits à veiller, nos premières cigarettes, nos premiers vols, notre première bière, & la nuit de son anniversaire. Assises sur son balcon nous pouvions voir toute la ville voisine, une vue à en couper le souffle. L'encens brûlait dans la chambre, je me battais avec les moustiques, puis, en une fraction de seconde, elle sourit comme jamais je ne l'avais vu sourire, me montrant ses dents un peu décalées, et là, l'objet de ses pommettes dévoilées, cette arme, ce concentré de poisons, apparu dans sa main.
« Passe moi le briquet »
L'excitation, l'adrénaline de nouveau présente, je laissai les moustiques goutaient à ma peau sucrée & me concentrai sur ce tube qui me faisait cracher de la fumée. Jamais je ne m'étais aussi bien sentie avec elle, elle qui était mon seul espoir, mon sourire, mon bonheur, mes rires....
Deux mois après elle souhaitait ma mort.
D'ailleurs je la souhaitait aussi ma fin. Il ne me restait rien, à par de quoi me détruire, Marie Jeanne & ses clopes rigolotes, les 40% & leurs effets sur le foie, puis la nicotine qui me fait sortir les poumons. [...]